Ce samedi 10 juin 2023, les deux Patrick, radioamateurs au fablab et Jean Luc avons passé notre journée sur le parvis du magasin afin de faire connaître la MJC et réparer les appareils qui nous ont été apportés.
Ce fut l’occasion de faire de belles connaissances et d’assumer notre contrat de partenariat. En effet, Leroy Merlin a aidé la MJC Centre Socioculturel à hauteur de 3000€ en dons d’argent et en nature. En contrepartie, c’est avec plaisir qu’on aide à diffuser l’esprit d’économie circulaire en animant un repair café nomade. Merci au soutien de René, Anne Lise et Bernard qui sont venus nous encourager.
Les ruches, à terme, sont observées à l’aide de capteurs.
Le poids est essentiel pour déterminer l’évolution quantitative de la colonie et des miellées.
La température et l’hygrométrie externe et interne dans la ruche donnent une idée du travail des abeilles pour maintenir une chaleur correcte dans la ruche en fonction de la météorologie.
Le poids est mesuré à l’aide de balances pèse personne dont l’électronique a été modifiée. Ainsi, les 4 capteurs de contrainte sont reliés à un amplificateur HX711 qui lit les différences minimes des résistances internes des capteurs lorsqu’ils sont compressés.
Les données des capteurs sont recueillies par le microprocesseur de marque Espressive ESP32. Il est charger de mettre en forme les données et d’envoyer tous les 1/4 heure une trame de 14 octets via un module radio réglé sur la bande 868Mhz. Le réseau Sigfox accepte, sous réserve d’un abonnement, 140 trames par jour. Les données peuvent être ensuite recueillies sur le site de Sigfox et mises en forme par tout moyen permettant de les interpréter.
Ici par exemple avec Node Red via une page web générée par un Raspberry tournant en permanence sur le réseau de l’auteur de l’article.
Le varroa est un parasite qui, depuis son arrivée d’Asie dans les années 80, a décimé la population des abeilles partout en Europe. De nombreux médicaments ont été mis en place pour aider les apiculteurs mais de nombreuses résistances sont apparues.
Le collectif MELLIFERA est un collectif européen d’entraide apicole qui a mis au point un programme de sélection génétique des abeilles naturellement résistantes au varroa. L’idée est de repérer des abeilles naturellement résistantes au varroa, d’assurer la reproduction par insémination instrumentale pour contrôler leur descendance.
En effet, le mode de reproduction naturel des abeilles est incontrôlable car l’accouplement se fait à 50 mètre d’altitude avec la présence de congrégations de mâles forte de plus d’un millier d’individus. L’insémination représente aujourd’hui le seul moyen d’assurer la transmission d’un potentiel génétique.
Pour s’associer au projet MELLIFERA , le FabLab de la Citrouille, stimulé par Adrien Fauck, s’est rapproché de Pascal Boyard président de l’association « MELLIFERA »(membre du conseil européen des pedigree d’abeille) qui mène pour la partie française le projet de lutte contre le varroa.
Des essaims procurés par la MJC pour servir à la sélection des reinesAdrien insémine une reinePascal BOYARD, notre référent
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Le projet de lutte contre le varroa édition 2022
Dans un premier temps, notre section FabLab de la Citrouille, via le rucher connecté expérimental et grâce aux budgets participatifs de l’Ile-de-France, a fourni au début du printemps 2022 une vingtaine de colonies d’abeilles pour le projet. Celles-ci se présentent sous forme de mini ruches d’expérimentation de type Mini-plus.
Dans un second temps, à l’aide de greffage (sélection de reine à naître) et de ruches à mâles sélectionnés (production de mâles ayant un patrimoine génétique intéressant) nous avons, en collaboration avec pascal Boyard, inséminé une vingtaine de reines qui ont été reçues et intégrées au sein de ces ruches d’expérimentation.
Il faut préciser qu’au sein du projet plus de 100 reines ont pu être inséminées et intégrées dans des ruches d’expérimentation.
des ruchettes à la MJC LA CITROUILLEdes mini plus d’élevage
Dans un troisième temps, après avoir recueilli des varroas phorétiques sur nos ruches classiques (les ruches sont entièrement passées au sucre glace, les varroas se détachent des abeilles pour être recueillies par nos soins), nous avons infesté l’ensemble des ruches d’expérimentation. Chacune a reçu plus de 150 varroas.
Enfin dans un quatrième temps, trois semaines après l’infestation de varroa dans les ruchettes, nous avons procédé au comptage de varroas présents dans les larves du couvain des ruches d’expérimentation.
les abeilles sont libérées après tamisage du sucre glacevarroa dispersé sur du sopalinAbeille infestée de varroaComptage du varroa recueilli avec un logiciel automatiqueL’abeille saupoudrée retourne dans la rucheL’abeille saupoudrée retourne dans la rucheTamisage du sucre glace mélangé au varroaImmersion dans du sucre glace des abeilles susceptibles d’être infestéesComptage du varroa sur les larves
L’objectif étant de sélectionner les colonies qui se nettoient naturellement des varroas.
Les colonies qui survivront à l’infestation serviront pour de futures inséminations l’année prochaine et ainsi de suite jusqu’à l’apparition de colonies 100 % résistantes au varroa.
Au final, huit colonies se sont nettoyées entièrement de leur varroa ( on dit qu’elles sont 100 % résistantes au varroa), une vingtaine se sont nettoyées à 50 pourcents, les autres sont mortes ou très faibles et ne passeront pas l’hiver.
Une partie des membres du FabLab de la Citrouille se sont formés aux différentes techniques apicoles telles que le greffage et l’insémination. Ce projet très technique permet de faire monter en compétence nos membres pour pouvoir, dans l’avenir, faire nous-mêmes les greffages et inséminations au sein de la Citrouille77.
Pascal très fier de sa reine sélectionnée génétiquement et résistante au varroaAdrien très concentré lors d’une phase d’inséminationgeste d’hygiène avant d’ensemencerla pipette de sperme de bourdon injecte la semence sur les appareils reproducteurs de la reineLaboratoire MELLIFERAapparition de l’appareil reproducteur et dépose d’une dose de semence de 10 à 20 mâlesune reine prête pour l’insémination et endormie artificiellement
L’aventure de tous ces projets rendus possible par <les financements participatifs de la région> est un tremplin pour les membres du FabLab de la Citrouille qui découvrent les joies de l’apiculture de pointe combinées à celle de l’électronique au sein même de la Citrouille.
les stages d’électronique pour les adosle smartphone pour observer le poids, la température et l’humidité des ruchesHans expérimente un porte rucheun peu d’art au service des abeillesmicrocontrôleurs programmablesvisualiser la santé de son rucher depuis son domicile
Nous espérons voir de plus en plus de passionnés au sein de notre section pour s’associer à nos multiples projets.
Les petites ruchettes marquées « Hackerlab » de la MLC ont été visitées ce 2 juin 2023 par les élèves CM2 de l’école Jules Ferry. Adrien, apiculteur référent, des colonies d’abeilles hébergées au rucher connecté du Hackerlab de la MLC a organisé avec Laétitia , Patrick, la maîtresse et les parents des ateliers d’initiation: visite des ruchettes et fabrication de pièges à frelons.
L’action s’est déroulée au jardin partagé de Nouveau Village. L’association avait équipé les élèves de petites tenues d’apiculteur multicolores.
Les reines ont été observées et le miel goûté. Aucune piqûre à déplorer…. Expérience à renouveler dans le rucher connecté de la MLC dès que possible en partenariat avec le jardin partagé de Nouveau Village !.
Le 13 juillet 2023, le fablab intégrait les « escapades de l’été ». Super ambiance et l’opportunité de faire connaître aux ados la Citrouille, le fablab et le Repair Café.
Les ados à cette occasion construisaient un petit kit électronique avec pas moins de 90 soudures avec l’aide de Yann et Patrick.
Le fablab est une section de La Citrouille qui a été créée en 2015 par Antoine, Yann et Patrick.
Ce lieu de réalisations technologiques comprend un fablab pour donner vie à vos projets, un Repair Café pour réparer les appareils en panne et un radio-club amateur pour communiquer avec le monde entier.
• créer une dynamique écologique avec d’autres structures apicoles de la région. Nous collaborons déjà avec la Maison des Loisirs et de la Culture (MLC) de Cesson / Vert St Denis 77240, proche de 7km de notre association CETA77 implantée à Pringy 77310.
• le centre socioculturel « La Citrouille », forte d’un millier d’adhérents, développe déjà des actions solidaires et environnementales. Elle dispose d’un potentiel énorme pour fédérer beaucoup de monde autour du projet de rucher connecté et expérimental.
• aider les instituts de recherche pour améliorer l’abeille buckfast afin de lutter contrôle parasite varroa. Notre référent apiculteur, Pascal BOYARD, qui pilote la formation de nos membres apiculteurs amateurs est inscrit dans les actions du Centre Études Techniques Apicoles d’Île de France et les action de l’ARISTEA, fondation européenne pour le développement de la recherche apicole.Expérimenter pour l’amélioration de l’espèce d’abeilles buckfast :
• les reines VSH (Varroa Sensitive Hygiène) en relation avec le CETA 91 (Centre d’Études Techniques Apicoles) sont une solution extraordinaire pour lutter contre le varroa qui élimine les colonies.
• la colonie est ensuite capable de ce défaire de ces parasites sans utilisation de produits nocifs extérieurs. Il faut donc élever des reines sélectionnées et les inséminées pour améliorer l’espèce. Ces opérations de hauts niveau seront entreprises au CETA77.
• Ces procédures de sélection demandent une consommation considérable d’essaims.Ils feront l’objet d’expérimentations : infection de l’essaim par le varroa, implantation de reines sélectionnées et inséminées avec le sperme de bourdons tout aussi sélectionnés, comptage des parasites éliminés par la colonie pour évaluer les reines et les mâles les plus aptes à se débarrasser du parasite d’eux mêmes. Ces expérimentations d’une grande valeur pour l’avenir de l’abeille en France, est difficile pour les apiculteurs car le sacrifice de nombreux essaims n’est pas aisé pour des apiculteurs amateurs voire professionnels. Il faut donc fédérer beaucoup d’acteurs pour arriver à des résultats.
Les électroniciens amateurs du Hacker Lab’ se sont lancés au printemps 2021, le défis de construire des balances pour peser les ruches de la MLC et observer l’évolution à distance de leur poids. Le poids indique quelle est la production de miel et l’importance en nombre de la colonie.
Notre groupe a réussi la construction de plusieurs systèmes qui ont fonctionné l’été 2021 et 2022. L’apiculteur peut donc, sur son smartphone contrôler le poids de ses ruches pour savoir s’il est temps de se déplacer sur le rucher et inspecter les hausses afin de commencer la récolte.
Ici, le système comporte une centrale connectée à 4 balances.
Il est intéressant de construire soit même des balances pour plusieurs raisons.
Les balances du commerce sont chères. Elles coûtent autour de 300€ par balance. Le prix de revient d’une balance amateur tourne autour de 60€ pour un système à une balance et 100€ pour un système à 4 balances. On peut donc se permettre d’expérimenter sans trop de frais sur des sites divers.
Ce type de projet demande une somme considérable de connaissances dans des domaines variés: programmation des microprocesseurs, utilisation des bases de données, mise en place de serveur, apprentissage des techniques apicoles pour cerner les besoins, impression 3D de pièces mécaniques, découpe laser d’accessoires pour les ruches comme les pièges à frelons.
Comment les données sont-elles transmises?
Le microprocesseur construit une trame de données venant des capteurs. Cette trame est envoyée tous les 1/4 d’heure à un module radio dans le boîtier. Le module envoie la trame de données sur une fréquence de 868Mhz qui est captée par les antennes du réseau international Sigfox pour lequel un abonnement annuel d’une douzaine d’euros par module radio est nécessaire. Nous avons donc optimisé la trame pour envoyer les données de quatre balances à la fois. Les balances sont des modèles en verre trempé type pèse personne à 12€ dont nous avons modifié l’électronique.
Module Sigfox
La couverture Sigfox et son infrastructure
Notre atelier nommé « HackerLab » pour symboliser la mise à profit des hautes technologies pour le bien commun.
Vue d’ensemble du rucher « connecté » sous surveillance vidéo
Comment les données sont-elles recueillies par l’apiculteur?
Les données sont mises à disposition sur les serveurs de Sigfox à qui nous demandons de les envoyer sur un serveur de la Maison des Loisirs. Les données numériques sont remises en forme automatiquement avec l’application NodeRed dont les fonctionnalités permettent d’alimenter une base de données liée à chaque balance.
Extrait d’une page de fonctions NodeRed
Un autre application graphique, « Grafana », puise les données dans la base et les présente sous la forme de graphiques et de statistiques qui retracent l’évolution des mesures de poids, de température, d’humidité et de tension batterie.
Conclusion:
L’apiculteur peut ensuite se connecter sur le serveur de la MLC et suivre l’évolution du poids de ses ruches avec son smartphone ou chez lui sur son ordinateur.
Ces 1ères expérimentations sur une dizaine de systèmes nous ont obligés à optimiser la programmation des microprocesseurs pour limiter au maximum la consommation d’énergie su système. On a sécurisé l’opération en équipant les boîtiers d’un panneau solaire. En théorie, la petite batterie rechargeable de 3,4 volts durera des années.
Un autre projet de traitement des données est en cours. Il s’articule autour d’un autre type de microprocesseur sur une platine développée par Heltec et connectée sur le réseau international Lora. On en parlera dans un autre article.